LES CENT CIELS
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Pulau Mejangan.


Île, ou pulau en indonesien, j'ai envie de dire pulau vert et bleu, mais il faisait tellement chaud qu'en plus d'un coup d'amour, nous avons pris un coup de soleil. Les souvenirs, de l'échappée teal, dans les abysses de Mejangan Island, en nous demeurent. Comment pourrait-il venir, l'oubli de ces choses? De cet océan qui nous supportait, de ce bateau qui s'est éloigné de l'embarcadère pour nous transporter dans l''immensité que veillait le mont Kawah Ijen. Nous avons longé une falaise, les vagues qui s'y brisaient, qu'essuyait le soleil, et dont les embruns offraient de la fraicheur, étaient Javanaises. Pulau Menjangan précisait ses contours, entre Java et Bali. Perché sur une paroi rocheuse qui se plongeait dans l'écume, un temple dédié à Ganesh descendait des nuages. Mon regard s'est attardé sur les rayons qui du ciel descendaient en longues lames d'or et perçaient la surface. Dessous, remontant des abysses, les chants de six reines nous ont invités à plonger en nos troubles. Malgré une forte concentration de plancton, les eaux étaient particulièrement limpides. Le plancton, si l'on ne revêt pas une combinaison, fait ressentir des picotements sur la peau qui sont sans conséquence mais très désagréables, voir inquiétantes, c'est pourquoi nous avions revêtu les nôtres, afin, aussi, de nous protéger de la coupure des coraux et de l'éventuelle présence de méduses. Cela procurait une sensation de carapace. Ainsi parés d'un sentiment de sécurité, masqués, palmés nous avons dit oui oui oui à tout tout tout. On s'est jetés à l'eau. Dans cette immensité, dans ce calme presque parfait, presque plat, nous avons oublié d'avoir peur. Les poissons multicolores furent à l'océan ce que les oiseaux sont au ciel, ce que les fleurs sont au champ, ce que l'effleure du ciel est au rêve. On aurait dit des flèches que tirait en tous sens un arc-en-ciel. Un feu d'artifice grouillant de vie, tout fait de faune et de flore sous-marine. J'ai fait la passe sur le sombre pour n'en garder que ces flambeaux qui scintillaient sous une surface où tout était paisible, et où les mouvements, lents, des algues, étaient guidés par les courants. Je sais pourtant que ce monde peut perdre sa quiétude et être dévasté par l'amer et cent remous, qu' à tout instant, il peut se rompre depuis ses profondeurs et défigurer sa surface en un miroir brisé. De cela, on finit par s'en rappeler, mais après, lorsque le bateau rentre à quai. Comment pourrait-il venir, l'oubli de ces choses? Ne suffit-il pas d'aller se promener dans la mer et puis de jeter l'encre pour que l'oubli, en nous deux, meurt , pour que les souvenirs en nous demeurent.



Auteur :     Brook Lynn



Publication date :     2018-11-23 15:18:53





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